J'ai choisi la technique de la Terre Vernissée pour sa caractéristique intrinsèque du décor de la terre lorsqu'elle est crue.
Avant de pratiquer cette technique chez Jean-Nicolas Gérard,
j'avais découvert le décor à l'engobe dans
l'atelier de Marie Verlet.
Déjà, le contact avec la pièce crue me charmait.
Je prenais conscience du privilège de toucher la terre, dans
cet état éphémère. Avant son irréversible
passage au feu, elle est sensuelle, poudrée et le son de la
matière crue est doux et rond. Le temps de la fabrication est
pour moi autant d'intimité et de délicatesse.
J'éprouve une affection particulière pour l'Utile. Il est pour moi tristesse d'imaginer que le seul contact avec une pièce soit celui du chiffon à poussière (...) J'aime les pièces sur lesquelles se pose la main, un peu chaque jour... Celles parmi lesquelles on en choisi une ; celle qui nous chante à ce moment-là, par jeu ou par hasard. Soucieuse du rapport entre une fonction et une forme, je les conçois comme des objets du quotidien et du plaisir. Et j'imagine l'intimité de l'atelier se prolonger dans une complicité des moments de tous les jours avec la pièce.
décor à l'aiguille de la pièce 'verte', soit en cours de séchage